Odorologie, Chiens & Police technique et scientifique - lebergerallemand.fr
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Dernière née des techniques criminalistiques, l'odorologie n'est pratiquée en France que par la Police technique et scientifique d'Ecully. Elle est fondée sur le fait, scientifiquement prouvé, que l'odeur humaine est unique.

Aucun capteur électronique ne vaut le nez d'un chien. A la sous-direction de la police technique et scientifique (PTS) d'Ecully, deux bergers allemands ont un matricule, comme les policiers. Car leur puissance olfactive hors du commun en fait des acteurs à part entière d'une technique criminalistique récente, l'odorologie, pratiquée en France depuis 2003 et uniquement à la PTS d'Ecully. Elle est dérivée du pistage, décrit dès le début du XXe siècle dans les manuels de dressage des chiens de police.

Mais, à la différence du pistage, où le chien suit une trace jusqu'à une personne recherchée, il n'y a plus de contact entre l'animal et l'homme. L'odorologie, utilisée dans les années soixante-dix dans les pays de l'Est, notamment en Hongrie ou dans l'ex-RDA, consiste en effet à relever une odeur corporelle sur une scène de crime, puis à la comparer, grâce aux chiens, à celle d'un suspect ou d'une personne recherchée.

odorologie

Pourquoi prélever une odeur que l'homme est incapable de déceler ?

La décision, en 2000, de créer à la PTS d'Ecully une cellule spécialisée en odorologie repose sur des données scientifiques avérées : comme l'ADN, l'odeur humaine est unique, car déterminée génétiquement. Elle est composée d'une combinaison très complexe d'acides, d'alcools, d'aldéhydes et provient d'une dégradation bactérienne. Des études sur des jumeaux ont montré que les faux jumeaux ont une odeur différente, que les vrais jumeaux ne vivant pas ensemble ont aussi une odeur différente et que ceux qui vivent ensemble n'ont la même odeur que dans 50 % des cas. Comme le souligne le contrôleur général Bruno Pereira-Coutinho, qui dirige la police scientifique, « l'odeur est donc plus discriminante que l'ADN, puisque des vrais jumeaux ont le même ».

Comment prélève-t-on une odeur ?

Tout objet touché par une personne possède des traces de son odeur. Volatile, celle-ci disparaît en 4 à 5 jours. Il faut donc prélever rapidement, avec un textile spécial fabriqué en Hongrie qui, mis en contact pendant une heure avec l'objet, va s'imprégner des molécules odorantes. Il est ensuite placé dans un bocal stérile et étanche qui pourra être conservé jusqu'à dix ans à Ecully. 400 personnes en France sont formées pour prélever, mais seule la PTS d'Ecully effectue la reconnaissance.

A quel moment le chien intervient-il ?

Lorsque les enquêteurs ont un suspect, son odeur est prélevée par contact avec un textile, qui est présenté au chien. Sous l'œil d'une caméra, le chien doit alors flairer une série de cinq bocaux, dont l'un contient l'odeur prélevée sur la scène de crime. S'il marque, il devra recommencer deux fois le test, dont un à vide. Et le second chien devra lui aussi marquer pour valider ce qui devient alors un élément de preuve, enregistré sur CD.

Pourquoi les chiens font-ils beaucoup mieux que des capteurs électroniques ?

À ce jour, on ne sait pas formuler et modéliser l'odeur humaine, d'où l'impossibilité de constituer un fichier ou de fabriquer un capteur capable de discriminer toutes les composantes d'une odeur corporelle. Le chien, comme le rat, a cette capacité à détecter et à isoler une odeur, qui lui permet de la distinguer même si elle est mélangée à d'autres. Cette capacité tient à des raisons anatomiques et physiologiques. Ainsi, chez le berger allemand, la muqueuse olfactive est de 200 cm2, contre 2 à 3 cm2 chez l'homme, soit 200 millions de cellules olfactives chez ce chien, contre 5 millions chez l'homme. Quant à la zone olfactive du cerveau, elle de 10,1 % chez le chien, et seulement de 0, 29% chez l'homme, soit un rapport de 1 à 30.