Le Berger Allemand traîne depuis longtemps une réputation de chien particulièrement touché par la dysplasie de la hanche. Pourtant, les chiffres officiels montrent une réalité bien différente.
Oui, la race est concernée par cette maladie mais contrairement aux idées reçues, elle n’est pas parmi les races les plus atteintes proportionnellement. Les données du tableau de bord 2023-2024 sur La santé des chiens inscrits au LOF, issues du rapport de santé 2025 de la SCC, permettent d’y voir beaucoup plus clair.

Le Berger Allemand : la race la plus dépistée
En 2023, 1 138 Bergers Allemands ont été dépistés pour la dysplasie de la hanche. En 2024, ils sont encore 950 à avoir été contrôlés. Aucune autre race n’atteint de tels chiffres.
Le Berger Allemand arrive largement en tête devant le Golden Retriever, le Berger Australien ou encore le Setter Anglais.
Cela signifie une chose essentielle :
👉 le Berger Allemand est surtout l’une des races les plus surveillées et dépistées.
Plus une race est testée, plus les cas détectés sont visibles dans les statistiques. Cela peut donner l’impression que la race est davantage touchée, alors qu’en réalité elle bénéficie simplement d’un suivi sanitaire beaucoup plus rigoureux.
Des races bien plus atteintes proportionnellement
Lorsqu’on regarde le pourcentage de chiens réellement atteints de dysplasie sévère (HD-C, HD-D et HD-E), le constat est très différent.
En 2024 :
- Le Bulldog Continental atteint 46 %
- Le Dogue de Bordeaux 45 %
- Le Staffordshire Terrier Américain 44 %
- Le Chien de Cour Italien 39 %
Le Berger Allemand, lui, se situe à 10 %. En 2023, il était également autour de 10 à 12 %, loin derrière plusieurs races beaucoup plus touchées.
Ces chiffres démontrent clairement que le Berger Allemand n’est pas la race la plus atteinte par la dysplasie, contrairement à ce que beaucoup pensent.
Une sélection qui porte ses fruits
Depuis des années, les éleveurs sérieux de Bergers Allemands travaillent activement sur la sélection des reproducteurs :
- radiographies obligatoires,
- dépistages systématiques,
- exclusion des chiens trop atteints de la reproduction,
- suivi des lignées.
Ce travail de sélection explique pourquoi les taux restent relativement contenus malgré un très grand nombre de chiens testés chaque année.
Le document souligne d’ailleurs que certaines races voient leur situation évoluer positivement grâce aux efforts des éleveurs et des clubs de race, notamment le Berger Allemand.
Pourquoi cette mauvaise réputation persiste ?
Plusieurs raisons expliquent cette image persistante :
1. Le Berger Allemand est une race très populaire
Plus il y a de chiens, plus il y a de cas visibles.
2. C’est une race historiquement très contrôlée
Le dépistage est ancien et largement répandu chez les éleveurs de la race.
3. Les anciens problèmes ont marqué les esprits
Dans certaines lignées du passé, la dysplasie était effectivement plus fréquente. Cette image est restée dans l’opinion publique.
4. Les réseaux sociaux amplifient les cas difficiles
Les témoignages de chiens atteints par la dysplasie circulent énormément et donnent parfois une vision déformée de la réalité globale.
Un point essentiel : choisir un élevage sérieux
Même si les statistiques sont rassurantes, la dysplasie reste une maladie multifactorielle.
Le choix de l’élevage demeure donc primordial.
Un bon éleveur doit :
- présenter les résultats officiels des parents,
- sélectionner ses reproducteurs avec rigueur,
- éviter les mariages à risque,
- privilégier la santé avant l’esthétique.
L’alimentation, la croissance du chiot, le poids et l’activité physique jouent également un rôle important dans le développement des articulations.
Le Berger Allemand n’est pas « le champion » de la dysplasie comme on l’entend souvent. Les chiffres officiels montrent surtout qu’il est la race la plus dépistée, ce qui témoigne d’un suivi sanitaire particulièrement sérieux.
Avec environ 10 % de cas sévères recensés, il se situe loin derrière plusieurs autres races beaucoup plus touchées. La réalité est donc plus nuancée : le Berger Allemand est une race surveillée, sélectionnée et suivie de près… et non une race condamnée à la dysplasie.
