La guerre donnera l’opportunité aux Bergers allemands de démontrer leur bravoure et leurs multiples compétences. Chaque armée bénéficiera de l'aide de ces milliers de chiens exceptionnels accomplissant d'innombrables missions, le plus souvent au péril de leurs vies.
Parce que le devoir de mémoire ne doit pas être un privilège réservé aux hommes, rendons hommage à travers cet article à tous ces chiens héros de guerre devenus célèbres, et à tous ceux restés dans l'oubli.

 

En 1914 l’Armée française, qui doute de l’efficacité d’un chien sur un champ de bataille, ne compte que 250 chiens militaires, obligeant le commandement à faire appel à des chiens de civils. On ordonne alors la réquisition des chiens des citoyens pour « participer au sauvetage de la France ».  Un chenil improvisé au jardin d’acclimatation de Paris reçoit les chiens donnés par la SPA et la fourrière de Paris avant leur affectation au front.
L’usage des chiens militaires devient officiel en décembre 1915 avec la création d'un service des chiens de guerre au sein de la direction de l’infanterie. L’Allemagne, en avance sur l'utilisation du chien militaire, possède au début de la guerre près de 4000 chiens militaires dressés et disponibles.

Chiens de ronde et sentinelles, chiens télégraphistes munis d’une bobine de fil se déroulant sur un trajet périlleux à travers les tranchées pour rétablir des lignes de communications coupées, chiens porteurs de messages, chiens sanitaires accompagnant les brancardiers sur les champs de bataille à la recherche de blessés, etc.. On estime qu’au total 100000 chiens furent mobilisés lors du conflit, 30000 en Allemagne, 13000 en France dont plus de 5000 auraient succombé. 28000 d'entre-eux étaient des Bergers allemands.

Le 21 novembre 1918, une circulaire ministérielle démobilise les chiens de guerre. Évacués vers les chenils de l’armée dans des conditions parfois épouvantables, ils connaissent alors des parcours divers : un petit nombre reste dans l’armée, les réquisitionnés ou prêtés à l’armée sont rendus à leurs propriétaires, d’autres ramenés à la fourrière ou confiés aux associations de protection animale, qui cherchent à les placer.
Mais les peureux, rétifs, agressifs ou en mauvais état sont souvent abattus. Beaucoup, perdus ou abandonnés, errent seuls ou en groupe.

Les anciens combattants racontent une multitude de récits rapportant leurs exploits. Parmis eux un soldat du Mans: « Atteint d’un éclat d’obus au bras, d’une balle dans la mâchoire, d’un coup de sabre qui m’avait décollé le cuir chevelu, j’étais à-demi enfoui sous les cadavres de plusieurs camarades, quand je sentis une caresse sur mon front : c’était un bon chien sanitaire qui me léchait la figure. Je parvins à me soulever un peu malgré mes vives souffrances. Je savais que les chiens sont dressés à rapporter au campement les képis des blessés, mais le mien était perdu. Le brave chien hésitait : « Va, lui dis je, va mon toutou, va chercher les camarades ». Il me comprit, fila ventre à terre, et de retour au campement se démena si bien, aboyant, tirant celui-ci, celui-là par leur capote, qu’il attira l’attention de deux braves brancardiers : ceux-ci le suivirent, il les mena jusqu’à moi : j’étais sauvé. ».

Certains d'entre-eux seront décorés, d'autres rendus célèbres suite à ces histoires et anecdotes touchantes. De nouveaux amateurs les rejoignent et s'aperçoivent des milles qualités de ces chiens. Les premiers bergers allemands chiens guides font leurs apparitions pour assister les infirmes et mutilés de guerre. 

 Asnières départ de chiens sanitaires

Départ de chiens sanitaires à Asnières, 1915.

 

 berger allemand secouriste guerre 14 18

Chiens sanitaires, armée allemande.

 

chien de liaison 14 18

Chien télégraphiste.

 

rolf chien de guerre 14 18

À Maisons-Laffitte, à la société nationale du chien sanitaire et de guerre,
Rolf porte son masque contre les gaz, en décembre 1916.

 

chien guide apres guerre berger allemand

Premiers bergers allemands chiens guides en Angleterre, 1931.

    

 

Lors de sa venue au pouvoir, Hitler créa une école centrale d’entraînement du chien militaire à Kummersdof, près de Francfort. Ce centre cynotechnique, alors le plus grand d’Europe, accueille près de 2000 chiens. En 1939 à l’annonce de la mobilisation, l’armée française entreprend à nouveau le dressage des chiens militaires. L’École Nationale Vétérinaire d’Alfort sera chargée du recrutement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Berger allemand va être de nouveau utilisé à tous les niveaux et par toutes les armées du monde. Les chiens sentinelles, de patrouille, de liaison, sanitaires ou encore démineurs vont continuer à être massivement employés.
En mars 1940, Bobby, un Berger Allemand messager, est le premier chien de l'armée française à mourir sur le front, mais il tombera sous les balles françaises. Lors de son parcours la poche de son collier s'ouvre faisant tomber le plis. Le malheureux Bobby erre alors près d'une heure à la recherche du précieux message avant de se rapprocher d'un poste sentinelle en jappant plaintivement. Les chiens messagers étant dressés à rester silencieux, le sentinelle pense avoir affaire à une troupe ennemi et leur chien. Il fait feu. Bobby fut enterré près du poste de commandement ou une pancarte indiqua " Ci-gît Bobby, chien de guerre, mort pour la France."

Dans cette guerre ou les blindés font rage, le paroxysme de l'horreur est atteint en 1941 avec l'engagement de chiens anti-chars par l'armée russe. Ces chiens dressés à manger sous les chars et affamés pendant 48 heures étaient envoyés vers les blindés ennemis munis d'explosifs actionnés au contact de l'acier. Plus de 60 000 chiens seront formés à cette sinistre tactique. Une statue est aujourd'hui érigée dans le centre-ville de Stalingrad à la mémoire de ces animaux sacrifiés, maigre consolation en souvenir de ces chiens littérallement poussés vers la mort.

Comme lors de la première guerre, de nombreux chiens mèneront des actions d'éclat. En juillet 1943 lorsqu'une escouade se retrouva sous le feu d'un nid de mitrailleuses italiennes, Chips un berger allemand croisé Husky affecté à l'armée américaine, s'élance seul contre la casemate ennemie. « Le bruit était terrible puis les tirs se sont tus. » se remémore son maître John Rowell, « J'ai alors vu un soldat italien sortir pris à la gorge par Chips. Je l'ai rappelé avant qu'il ne le tue. Et trois autres soldats italiens ont émergé les mains en l'air. » Chips avait à lui seul forcé leur reddition.
Chips subi quelques brûlures au cours de la bataille, mais il survivra à la guerre. En 1942 sa famille l'avait cédé à l'armée américaine au nom de l'effort de guerre. Il retourna auprès d'elle mais décèdera en 1946 à l'âge de six ans d'une insuffisance rénale. En 1990, les studios Disney sortiront un téléfilm basé sur sa vie, "Chips, the War Dog". Il recevra la médaille Dickin à titre posthume en 2018 et, en 2019, la médaille de la bravoure Animals in War & Peace, l'équivalent américain de la médaille Dickin.

Les chiens sanitaires deviennent pour la première fois chiens de catastrophe, à la recherche de victimes vivantes ou non, dans les ruines de Londres. Irma recevra la prestigieuse médaille Dickin, l'équivalent de la croix Victoria pour un militaire, après avoir refusé d'arrêter ses recherches dans les décombres alors que l'équipe de secours voulait quitter les lieux. Sa tenacité permit de sortir deux fillettes encore en vie.

L’Allemagne fut le pays qui utilisa le plus de chiens lors du conflit avec près de 200000 chiens déployés. La France quelques centaines seulement persuadée que la mécanisation et la modernisation des armées rendaient le chien inutile. À la fin de la seconde guerre mondiale, le bilan est lourd, des dizaines de milliers de chiens ont donné leur vie. Le manque de chiffres précis est lié à la destruction des registres militaires, détruits selon l'historien Eric Baratay, soit par les troupes soit par les archivistes qui n’en voient pas l’utilité, au nom d’une histoire réservée aux hommes.

 

 chiens messagers armee allemande

Soldats allemands et leurs chiens messagers.

 

Jaint de Motimorency Peter Baranowski

  "Jaint de Motimorency” pose fièrement avec son maitre, le lieutenant américain Peter Baranowski.

 

chips berger allemand guerre

Chips rencontre le général Eisenhower, 1945.

 

 Irma medaille dickin

Irma recevant la médaille Dickin le 12 janvier 1945.

 

Dès 1948, les chiens de guerre sont utilisés par le Corps Expéditionnaire d'Indochine. Ils sont employés, soit comme chiens de garde et de ronde en points sensibles, soit comme chiens de patrouille. Les premiers rendent journellement un travail obscur mais efficace dans les dépots de munitions, de matériels, d'essence, dans les aérodromes. Les seconds ont économisé de nombreuses vies humaines souvent par le sacrifice de leur propre existence. 
La guerre d’Indochine va être prétexte à une grande première dans l'histoire des chiens militaires avec la création de la première unité cynophile parachutiste. Six bergers allemands âgés de 2 à 3 ans, Borris, Cilly, Kado, Liedo, Lux et Remo seront les premiers combattants canins parachutistes de l'armée française. Ces chiens tombés du ciel remplissaient alors diverses missions avec brio. Une efficacité sans faille réutilisée quelques années plus tard par l'armée américaine dans les mêmes conditions.

 

berger allemand guerre indochine

Commando Jaubert et le chien Barry, 1954.

 

chien parachutiste
 Le chien était parachuté seul et atterrissait parfois loin de son maître.
De nos jours les chiens sont parachutés harnachés à leur maître.

 

Les chiens éclaireurs de l'armée américaine ont sauvé des centaines de GI durant les trois années de conflit en Corée. Le 26ème ISDP (Infantry Scout Dog Platoon) participera à plus de 1500 patrouilles de combat au cours de la guerre. Leurs missions étaient simples mais dangereuses : faire en sorte que ces chiens éclaireurs alertent silencieusement de la présence ennemi pendant les patrouilles. Un rapport rédigé après guerre établit que ces patrouilles ont permis de réduire le nombre de victimes de 65 %.
York (Matricule 011X), un berger allemand de 8 ans, fut récompensé pour ses services exceptionnels. Il dirigea 148 patrouilles de combat sans avoir perdu un seul homme. Il retourna après guerre à la base de l'US Army Fort Benning et fut enterré avec les honneurs à l'âge de 12 ans.
D'autres n'eurent pas cette chance, les chiens éclaireurs opérant en Corée n'étaient pas entraînés à la détection de mines et de pièges. Le chien éclaireur Champ fut tué sur le coup en marchant sur l'une d'elles. Happy, bien que non formé à cette détection, se figeat dans son élan lors d'une patrouille, refusant d'avancer. Son maître Alvin Steenick en avisa le chef de peloton, mais celui-ci dédaigna l'avertissement d'Happy et s'avança en premier. Il déclencha un piège les tuant, Happy et lui. Steenick fut grièvement blessé.
Les maîtres-chiens et leurs chiens éclaireurs comme Happy, Champ, York, Hasso, Arlo et bien d'autres ont-ils eu un impact sur la guerre? Cet impact peut sembler mineur, mais pas pour les centaines de soldats américains qui leur doivent la vie.
L'ennemi Chinois d'alors ne s'y trompait pas lorsque leurs haut-parleurs transperçaient la nuit calme en beuglant aux troupes américaines « Yankee! Prends ton chien et rentre chez toi! ».
À la fin de la guerre, les chiens éclaireurs non affectés aux divisions d'infanterie devinrent chiens sentinelles dans la zone démilitarisée établie entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

 

chien eclaireur guerre coree

Chien éclaireur en patrouille.

 

york chien guerre coree

James Partain et son chien York recevant sa citation.

 

memorial chien de guerre colorado

Mémorial du Chien de guerre (Colorado Springs).

 

Durant la guerre d'Algérie plus de 7000 chiens seront utilisés par l'armée française, principalement achetés en Allemagne. Ils seront répartis dans 99 pelotons cynophiles.
Parmis eux des chiens de garde surveillants les installations militaires, chiens démineurs qui ont permis une diminution drastique des sabotages des voies ferrées, chiens éclaireurs précédant les unités de combat, évoluant dans les terrains accidentés et les brousailles et permettant d'éviter des embuscades, et chiens pisteurs dressés pour retrouver les combattants du Front de Libération Nationale (FLN) qui avaient pour habitude de se cacher dans les grottes.
Le plus célèbre d’entre eux est Gamin, un Berger allemand du chenil militaire de Beni-Messous que personne ne pouvait approcher, sauf le gendarme Gilbert Godefroid. En mars 1958 lors d’une opération de maintien de l’ordre dans la région de Barral, le maître-chien Godefroid et son compagnon Gamin partent seul à l’avant. Après cinq heures de pistage en terrain extrèmement difficile la piste des insurgés est retrouvée, mais au moment ou Godefroid lache son chien une rafale de mitraillette blesse mortellement le gendarme. Gamin, bien que grièvement atteint d'une balle dans la tête et d'une balle dans le poitrail, s'élance et tue son agresseur. Il rampe ensuite vers son maître et se couche sur lui pour le protéger. Il faudra 6 hommes et une toile de tente pour le maîtriser. Ramené au camp de base, il est sauvé mais personne ne pourra de nouveau l'approcher ni lui donner d'ordres.
Le 27 décembre 1958 au chenil de Beni-Messous, un carré d'honneur est formé aux ordres du lieutenant-colonel Arcouet, Gamin est alors le premier chien a être décoré de la médaille de la Gendarmerie Nationale. La hiérarchie militaire décide de le confier au chenil de Gramat (46) pour y passer une retraite paisible où, précise la note du ministère, il devra "faire l'objet de soins attentifs jusqu'à sa mort".
Gamin s'éteint le 16 mars 1962. Ses cendres seront déposées au cœur d'une stèle élevée au CNICG, réunissant dans le même souvenir, un homme et un chien devenu un modèle de fidélité et de courage.
En juillet 2005, à l’occasion du 60e anniversaire du CNICG, l’urne contenant les cendres de Gamin a été symboliquement transférée au jardin du souvenir créé dans l’école. C'est devant cette stèle du jardin du souvenir, surmontée d’une tête de chien réalisée avec des fers à cheval, qu'a lieu lors de chaque stage la cérémonie traditionnelle de la constitution des équipes cynophiles.
 

chiens guerre algerie fouilles region aures

Fouilles dans la région d'Aurès.

 

151e R 5ème peloton cynophile en Algérie

151e RI 5ème peloton cynophile

 

chien detection mine algerie

Chien détecteur de mines sur voie ferrée.

 

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Gilbert Godefroid et son chien Gamin.

 

jardin du souvenir gramat

Jardin du souvenir, Centre National d'Instruction Cynophile de la Gendarmerie.

 

De nombreux Bergers allemands seront à nouveau mobilisés au cours de la guerre du Vietnam. Plus de 4000 chiens de guerre seront ainsi déployés par l'armée américaine de 1965 à 1973.  Grâce à leur ouïe et leur odorat spectaculaire, ces chiens sont à l'origine de plus de 10 000 vies américaines sauvées par leurs missions de gardes, d'éclaireurs et de détecteurs d'engins explosifs.  Une efficacité redoutable au point d'être devenus des cibles privilégiées pour l'ennemi, qui attaquait les chenils et offrait des primes pour l'oreille tatouée d'un chien ou le patch d'épaule de son maître.

Encore une fois les chiens de guerre font montre de leurs prouesses. Nemo est un berger allemand associé à son maître l'aviateur Bob Thornburg. En 1966 lors d'une patrouille aux alentours d'un cimetière vietnamien près de leur base aérienne, Nemo se met soudain à l'affut. Mais il est trop tard pour réagir, le duo essuie des tirs ennemis venant des tombes. Une balle transperce l'épaule de Thornburg, la seconde atteint Nemo à la tête, passant sous l'œil droit et ressortant par la bouche. Malgré sa grave blessure, le chien de 40 kilos attaque les assaillants avec férocité, donnant ainsi à son maître le temps d'appeler du renfort.
Nemo retourna ensuite vers son partenaire tombé inconscient et, saignant à mort, se coucha sur lui pour faire rempart de son corps jusqu'à l'arrivée des secours.
Les deux blessés ont pu être secourus, le vétérinaire réussi à sauver la vie de Nemo, mais son œil droit était perdu.
Le 22 juillet 1967, Nemo est transféré aux États-Unis et rendu à la vie civile, devenant le premier chien américain de la campagne du Vietnam à bénéficier de cet honneur.
Le capitaine R.M Sullivan responsable du programme de chiens de détection recueilli Nemo. Ensemble, ils participèrent à de nombreuses manifestations de soutien aux troupes, jusqu'à la mort de Nemo en décembre 1972.

Lors du retrait des troupes, de nombreux maîtres ayant tissés un lien fort avec leur chien ont souhaités les ramener avec eux mais seuls 200 d'entre eux ont pu retourner sur le territoire américain. Le ministère de la Défense ayant classé ces milliers de chiens comme des surplus d'équipement devant être abandonnés sur place, ils ont été sacrifiés, euthanasiés par l'armée américaine ou remis à l'armée Sud-vietnamienne, n'échappant pas à leur sort funeste.

L'association Vietnam Dog Handler a été créée pour aider ces anciens combattants à faire face à la culpabilité d'avoir laissé leurs chiens derrière eux. Certains d'entre-eux développeront un syndrome de stress post-traumatique directement lié à ces abandons. « C'était comme laisser votre enfant là-bas » se souvient Fred Dorr, président de l'association. Cette fin indigne a motivé les maîtres-chiens ayant servi au Vietnam à agir. En grande partie grâce à leurs efforts collectifs, la « loi Robby » a été adoptée par le Congrès américain et le président Clinton en 2000, exigeant la fin de l'euthanasie des chiens à la fin de leur carrière militaire. Cette loi autorisa également l’établissement de monuments aux morts en l’honneur des chiens tombés au combat. Mais il restait extrèmement difficile pour les maîtres de faire revenir leur chien sur le territoire américain. Ce n'est qu'en 2015 que le Congrès et le président Obama signent le projet de loi autorisant les chiens militaires à prendre leur retraite aux États-Unis.  Ils sont alors d'abord proposés à leurs anciens maîtres, puis aux personnels des forces de l'ordre et enfin aux familles rigoureusement sélectionnées.

Le 28 septembre 2019, au musée militaire Motts dans l'Ohio, a été inauguré un mémorial dédié à ces chiens et à leurs maîtres. Sur ces trois panneaux de granit noir sont inscrits les noms de 4244 chiens ayant servi pendant la guerre et 297 noms des maîtres-chiens et vétérinaires décédés au Vietnam. Le panneau du milieu affiche les mots "Le lien indestructible".

 

berger allemand vietnam 1966

Un soldat et son chien, Sud Vietnam 1966.

 chiens de guerre berger allemand vietnam 1969

Chiens sentinelles et leurs maîtres-chiens, Da Nang 1969.

 

 nemo chien de guerre vietnam

Nemo, matricule canin A534. 

 

memorial chiens vietnam

memorial chiens vietnam 2

Mémorial du musée militaire Motts.

 

En Afghanistan les chiens étaient principalement employés pour la détection d’explosifs et toute substances chimiques utilisées pour concocter les engins explosifs improvisés. 
En avril 2016 Lucca fait la une des médias internationaux en recevant à Londres la médaille Dickin.  Elle fut la première chienne du Corps des Marines des États-Unis à recevoir cet honneur. Au cours de ses six années de service, Lucca a accompli avec succès 400 missions en Irak et en Afghanistan et a protégé la vie de milliers de soldats. Aucun d'entre eux n'a jamais perdu la vie en sa compagnie.
Lors de sa dernière patrouille le 23 mars 2012, un engin piégé explose sous Lucca, entraînant la perte de sa patte. Le Caporal Rodriguez se souvient « L'explosion a été énorme et j'ai immédiatement craint le pire pour Lucca, mais je l'ai vue lutter pour se lever. Je l'ai ramassée et j'ai couru la mettre à l'abri avant de faire un garrot à sa patte blessée. Je suis resté constamment avec elle tout au long de son opération et de son rétablissement. Elle m'avait sauvé la vie à tant d'occasions, je devais m'assurer d'être là pour elle quand elle avait besoin de moi. »
Lucca fut héliportée en Allemagne pour ses soins, dix jours après l'explosion, elle marchait à nouveau. Elle entame alors officiellement sa retraite auprès de celui qui fut son premier maître durant quatre ans, le sergent Chris Willingham. Il déclarait « Lucca est très intelligente et loyale, sa motivation pour le travail en tant que chien de recherche était incroyable. Elle est la seule raison pour laquelle je suis rentré chez moi dans ma famille et j'ai la chance d'avoir servi avec elle. Aujourd'hui, je fais de mon mieux pour qu'elle soit gâtée dans une retraite bien méritée. »
Lucca s'est éteinte le 20 janvier 2018 à l'âge de 14 ans. Elle recevra la médaille de la bravoure Animals in War & Peace à titre posthume en novembre 2019. En juillet 2021, ses cendres sont transférées au Mémorial du chien de guerre de Michigan ou une cérémonie est organisée en son honneur.

 

lucca chien de guerre 2006

Lucca et le sergent Chris Willingham, Irak 2006.

 

luca Rodriguez afghanistan

Lucca et le caporal Juan M Rodriguez, 2012.

 

lucca et chris willingham

Lucca pose avec sa médaille Dickin.

 

De nos jours le Berger allemand est encore utilisé lors des conflits armés. En plus d’accomplir leurs missions, ces chiens apportent également une part de réconfort moral aux soldats, déployés en zone de guerre depuis plusieurs mois ou plusieurs années loin de leurs familles.