Environ 900 chiens errants vivent aujourd’hui dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, témoins silencieux d’une catastrophe nucléaire qui a bouleversé des milliers de vies.

La catastrophe de Tchernobyl et l’abandon des animaux

Avril 1986. Trente-six heures après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, plus de 100 000 habitants sont contraints par le gouvernement soviétique d’évacuer la zone de Pripiat en moins de 50 minutes. Les autorités assurent alors qu’il ne s’agit que d’un départ temporaire de quelques jours. Convaincus qu’ils reviendront rapidement, la plupart des habitants quittent leur domicile en laissant derrière eux leurs animaux de compagnie, avec un peu de nourriture et d’eau, car aucun animal n’est autorisé à bord.

Les chiens hurlent, tentent de monter dans les bus pour suivre leurs maîtres, mais sont violemment repoussés par les militaires. Certains courent derrière les véhicules pendant des heures, dans une scène d’une profonde détresse.

Le massacre des chiens après l’évacuation

Dans les jours qui suivent, les troupes soviétiques reçoivent l'ordre d'abattre tous les animaux errants. Chiots et adultes, aucun ne doit être épargné. Les mots griffonnés à la hâte sur un bout de papier par quelques maîtres n'y feront rien, « Ne tuez pas notre Zhulka. C'est un bon chien » écrira l'un d'eux. 
Affamés et en quête de contact humain, les chiens s’approchent spontanément des soldats… et sont abattus sans ménagement.

Les survivants : origine des chiens de Tchernobyl aujourd’hui

Malgré ce massacre, quelques chiens parviennent à survivre en se cachant ou en échappant aux militaires. Ils sont les ancêtres des 900 chiens errants vivant aujourd'hui dans la zone d'exclusion de 30 kilomètres. 250 d'entre eux vivent aux abords de la centrale. Face à leurs conditions de vie difficiles, la plupart de ces chiens meurent avant l'âge de six ans.

Une aide essentielle : l’association Clean Futures Fund

Depuis 2017, une association à but non lucratif leur vient en aide. Clean Futures Fund et son programme baptisé "Dogs of Chernobyl" se rend régulièrement à Tchernobyl et mène des opérations de vaccinations, d'identifications et de stérilisations afin de réduire la population. De la nourriture leur est distribuée et les chiens nécessitant des soins sont pris en charge. Grâce à leur engagement, aucun chien ou chat n’est désormais abattu dans la zone d’exclusion.

association Clean Futures Fund

Adoption des chiens de Tchernobyl : une nouvelle vie possible

Certains chiens vivant dans la zone d'exclusion peuvent aujourd'hui avoir un meilleur avenir. Depuis 2018, de nombreux chiots ne présentant aucun danger ont pu être extraits de la zone par l'association et proposés à l'adoption. Plus d’une cinquantaine ont déjà trouvé une famille aux États-Unis et au Canada. 
La guerre en Ukraine a temporairement interrompu ces actions, mais l’association a su s’adapter. Des distributeurs artisanaux de nourriture ont été installés pour continuer à nourrir les animaux en attendant la reprise complète des opérations.

Comment aider les chiens de Tchernobyl ?

Malgré la tragédie qui les a vus naître, les chiens de Tchernobyl continuent de survivre, génération après génération. Aujourd’hui, chacun peut, à sa manière, contribuer à leur offrir un avenir meilleur. Vous pouvez soutenir les chiens de Tchernobyl et les actions de l’association :

Idées reçues et réalités scientifiques sur les chiens de Tchernobyl

Contrairement à certaines rumeurs largement relayées sur les réseaux sociaux, les chiens de Tchernobyl ne présentent pas de mutations spectaculaires liées aux radiations.

Par exemple, des images de chiens à la couleur bleutée ont récemment circulé, laissant penser à une transformation due à la radioactivité. En réalité, cette coloration provenait simplement d’un contact avec des produits chimiques issus de sanitaires renversés : un comportement banal chez les chiens, sans lien avec la radiation.

D’un point de vue scientifique, les études montrent l’existence de deux populations distinctes de chiens semi-sauvages dans la zone d’exclusion. Ces groupes, relativement isolés l’un de l’autre, descendent directement des animaux abandonnés lors de la catastrophe de 1986. Cette séparation pourrait favoriser une évolution génétique… mais à ce jour, aucune adaptation spécifique aux radiations n’a été démontrée.

Contrairement à certaines idées reçues, ces chiens ne semblent ni plus résistants au cancer, ni plus touchés que d’autres populations. En réalité, leur espérance de vie relativement courte limite l’apparition de maladies liées au vieillissement, comme les cancers.

Même constat pour les loups de la région : aucune preuve scientifique ne confirme l’existence d’un système immunitaire “anti-cancer” ou d’une adaptation particulière à la radioactivité.

Enfin, si certaines espèces animales semblent aujourd’hui prospérer dans la zone, cela s’explique principalement par l’absence d’activité humaine, notamment la chasse. La radioactivité, elle, reste globalement néfaste dans les zones les plus contaminées, même si une grande partie du territoire est aujourd’hui faiblement radioactive.

👉 Les chiens de Tchernobyl ne sont pas des animaux “mutants”, mais avant tout les descendants d’animaux domestiques ayant survécu dans un environnement difficile, où la nature a repris ses droits.

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L'association s'occupe également des chats

chien Tchernobyl adopté États-Unis

Un heureux adopté aux États-Unis

Vidéo : les chiens de Tchernobyl

 

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