Le médicament vétérinaire Librela, souvent présenté comme un « médicament miracle » contre les douleurs de l’arthrose chez le chien, suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations.

Un vétérinaire britannique de renom a récemment émis un avertissement concernant un traitement contre l'arthrose canine, parfois présenté comme un "médicament miracle", mais qui serait lié à de graves effets secondaires, voire à la mort de nombreux chiens.

La Librela, une injection mensuelle destinée à soulager la douleur liée à l'arthrose chez le chien (son équivalent pour les chats est le Solensia), a été saluée par de nombreux propriétaires comme une véritable révolution. Certains voyant leurs compagnons à quatre pattes, autrefois diminués, retrouver une énergie de jeune chien.

Pourtant, derrière ces témoignages élogieux se cache une réalité bien plus sombre. Le Dr Nick Thompson, expert mondial en nutrition canine et fondateur de Holistic Vet Ltd, tire la sonnette d'alarme. Il exhorte ses confrères vétérinaires à "faire leurs propres recherches avant d'injecter ce produit controversé à leurs patients". Selon lui, les données disponibles suggèrent "des dommages significatifs causés à un nombre important de chiens" traités.

Des effets secondaires graves et un nombre de décès inquiétant

Les propriétaires rapportent des effets indésirables dévastateurs survenant parfois après une ou deux doses seulement : convulsions, paralysie des membres postérieurs, incontinence urinaire, ataxie (perte d'équilibre et de coordination) et divers problèmes neurologiques graves. La détresse est telle que certains ont dû prendre la décision déchirante d'euthanasier leur animal dont l'état s'était brutalement dégradé après l'injection.

Le Dr Thompson explique que, bien que la Librela agisse efficacement sur les zones touchées par l'arthrose, elle est un traitement systémique. "Injectée dans l'organisme du chien, elle a le potentiel d'affecter de nombreux autres tissus et parties du corps", ce qui pourrait expliquer la variété des symptômes neurologiques observés. "En théorie, les nerfs desservant n'importe quelle partie du corps d'un chien pourraient être affectés négativement par le médicament."

Ces craintes sont étayées par les chiffres de la Food and Drug Administration (FDA) américaine. Entre mai 2023 et juin 2025, près de 14 000 chiens auraient souffert d'effets indésirables après avoir reçu une injection de Librela. Parmi eux, 2 300 seraient décédés. En décembre 2024, la FDA a officiellement informé les vétérinaires américains des risques sérieux liés à ce traitement, listant ataxie, convulsions, problèmes neurologiques, incontinence, et dans certains cas, la mort ou l'euthanasie.

Au Royaume-Uni, la situation est jugée alarmante par des groupes de campagne comme "Librela/Solensia The Truth UK". Leur fondatrice, Liz Temple, dénonce un décalage criant entre les informations données aux propriétaires et la réalité du terrain. "Sur le site de l'agence britannique du médicament vétérinaire (VMD), la Librela est présentée comme 'généralement sûre' avec de 'rares effets secondaires'. Nous ne sommes pas d'accord. Notre retour des propriétaires montre que pour des centaines de chiens, c'est un tueur."

Elle ajoute que de nombreux vétérinaires ne mentionnent même pas les effets secondaires potentiels pourtant listés dans la documentation du produit, privant ainsi les propriétaires de la possibilité d'un consentement éclairé. "Une fois la Librela injectée, il n'y a pas d'antidote. Au mieux, il faut des mois pour qu'elle soit éliminée, au pire, les effets sont si graves que l'euthanasie est la seule issue."

Face à cette situation, une pétition a été lancée au Royaume-Uni pour demander l'interdiction du médicament, rassemblant des milliers de signatures. Des propriétaires témoignent, comme Angela Snowball, dont le Springer Spaniel de 11 ans est devenu paralysé et incontinent après sa première injection, avant de mourir sept semaines plus tard.

Le laboratoire Zoetis, fabricant du médicament, défend son produit. Il affirme avoir "pleine confiance dans la sécurité et l'efficacité de Librela et Solensia", soulignant que plus de 34 millions de doses de Librela ont été distribuées dans le monde et que les effets rapportés sont classés comme "rares à très rares" selon les normes de pharmacovigilance. L'entreprise insiste sur le fait que les signalements n'établissent pas de lien de causalité direct et que les animaux concernés avaient souvent des antécédents médicaux complexes.

Et en France ?

Face à ces révélations, la question se pose naturellement pour les propriétaires français. Quelle est la situation dans l'hexagone ?

En France, la surveillance des médicaments vétérinaires est assurée par l'Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV), qui dépend de l'ANSES. Elle dispose d'un dispositif de pharmacovigilance auquel les vétérinaires et les propriétaires peuvent déclarer tout effet indésirable suspecté d'être dû à un médicament.

Bien qu'il soit difficile d'obtenir des chiffres précis et actualisés sur les déclarations concernant la Librela en France, l'ANMV affirme prendre en compte toutes les signalements. Les données de pharmacovigilance sont régulièrement analysées pour réévaluer le rapport bénéfice/risque des médicaments. Si une tendance inquiétante se confirmait, l'agence pourrait prendre des mesures, allant de la modification de la notice à un retrait d'autorisation de mise sur le marché.

Cependant, les vétérinaires français sont-ils informés de ces potentiels risques ? En théorie, oui. Ils ont accès aux résumés des caractéristiques du produit (RCP) qui détaillent les effets indésirables connus. Ils sont également destinataires des communications de l'ANMV et des laboratoires en cas de nouvelles informations importantes. En pratique, il est conseillé aux propriétaires de solliciter un dialogue approfondi avec leur vétérinaire, de poser des questions précises sur les bénéfices attendus mais aussi sur les risques potentiels, et de s'assurer que leur consentement est pleinement éclairé.

La situation est d'autant plus préoccupante que, comme au Royaume-Uni, la parole des propriétaires français s'organise. De nombreux groupes Facebook ont vu le jour, rassemblant des centaines de membres. On y trouve des témoignages poignants de chiens ayant développé des symptômes similaires à ceux décrits outre-Manche après une injection de Librela. Des propriétaires s'y échangent des conseils, partagent leur détresse et s'informent mutuellement, en l'absence, parfois, d'informations claires de la part des instances officielles. Une pétition en ligne a également été lancée en France pour demander une plus grande transparence sur ce médicament.

Ces groupes mettent en lumière un besoin criant d'information et de reconnaissance des souffrances vécues par leurs animaux. Le témoignage d'Angela Snowball au Royaume-Uni résonne ainsi avec celui de nombreux propriétaires français : "La Librela était un poison qui a ravagé le petit corps de Jack. Je n'aurais jamais permis qu'on l'utilise si j'avais connu les risques." Un sentiment de culpabilité et de colère qui, aujourd'hui, traverse les frontières.

Source : DailyMail.co.uk 

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