Il y a quelques années, Finn, un berger allemand policier, devenait un symbole national après avoir été grièvement poignardé en protégeant son maître-chien en 2016.

Son combat a conduit à l'adoption de la "Loi Finn" en 2019 au Royaume-Uni, censée renforcer la protection des animaux de service. Pourtant, selon son ancien maître, cette législation ne remplirait pas sa promesse.

Dave Wardell, aujourd'hui à la retraite, s'alarme du décalage entre le texte de loi et la réalité judiciaire. Il explique recevoir régulièrement des témoignages de collègues désemparés, qui peinent à obtenir des condamnations significatives lorsque leurs partenaires canins sont agressés.

"Lorsqu'une plainte aboutit malgré tout, les peines prononcées sont dérisoires", déplore-t-il. Il cite des exemples de sentences de seulement quatre, dix ou douze semaines de prison pour des attaques violentes. "À quoi bon une peine de quatre semaines ? Où est l'effet dissuasif ?", interroge-t-il avec amertume.

Officiellement nommée "Animal Welfare (Service Animals) Bill", cette loi a pourtant durci le cadre pénal, permettant des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement dans les cas les plus graves en Angleterre et au Pays de Galles.

Face aux critiques, le pouvoir judiciaire et le Parquet rappellent leur séparation fonctionnelle. Un porte-parole de la magistrature précise que les juges agissent "conformément à la loi établie par le Parlement et aux directives indépendantes du Conseil des Sentences". Le Crown Prosecution Service (Parquet) souligne quant à lui qu'il ne peut qu'orienter les tribunaux sur la base de ces directives, sans interférer dans l'application des peines.

Devenu une véritable icône après son rétablissement, Finn avait remporté un prix d'héroïsme, participé à des émissions télévisées et incarné la lutte pour cette nouvelle loi jusqu'à sa retraite en 2017, puis son décès en 2023.

Aujourd'hui, son ancien compagnon d'arme continue le combat, estimant que l'esprit de la loi est trahi. Il a récemment interpellé publiquement le Directeur des Poursuites Pénales, demandant si la "Loi Finn" était bien appliquée "dans l'intention du Parlement".

Un constat qui résonne en France

Cette situation n'est malheureusement pas sans rappeler le paysage judiciaire français en matière de protection animale. En France, la loi du 30 novembre 2021 a considérablement durci les peines encourues pour actes de cruauté ou sévices graves envers les animaux domestiques, les portant à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

Pourtant, sur le terrain, le constat est souvent le même qu'au Royaume-Uni : un fossé abyssal entre le cadre pénal théorique et les condamnations effectivement prononcées. Les peines de prison ferme restent rares, souvent converties en sursis ou en amendes bien inférieures au maximum prévu. Pour les animaux de service, spécifiquement protégés par l'article 521-1 du Code pénal, la sévérité affichée par la loi se heurte fréquemment à la réalité des tribunaux correctionnels, où ces affaires sont parfois reléguées au second plan.

Le combat de Dave Wardell met ainsi en lumière un défi universel : l'adoption d'une loi forte, si elle est une étape cruciale et symbolique, ne suffit pas. Son effectivité dépend d'une application volontariste par les magistrats et d'une prise de conscience collective de la gravité des atteintes à ces animaux qui risquent leur vie pour protéger la nôtre. Le véritable hommage à Finn, et à tous les animaux de service, serait de s'assurer que les textes conçus pour les défendre ne restent pas des promesses en l'air, que ce soit à Londres, Paris ou ailleurs dans le monde.

🔹Un hommage de bronze pour Finn, chien policier héros

"Loi Finn" : l'ancien maître d'un chien policier héroïque dénonce son application inefficace


 Source: BBC

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